Hack ’n’ Stack sur Nintendo Switch : test, un party game original mais perfectible

09-10-2026 17:25 DL GAMING

Hack ’n’ Stack tente de renouveler le Tower Defense avec un mélange de construction, de coopération et de chaos physique. Si son concept apporte un vent de fraîcheur au genre, plusieurs défauts viennent malheureusement freiner l’expérience sur Nintendo Switch.

Le jeu indépendant ne manque pas de propositions originales, mais encore faut-il parvenir à transformer une bonne idée en une expérience réellement convaincante. Avec Hack ’n’ Stack, le studio québécois Triple Boris, à travers sa division créative Dodo Tako, cherche à réunir les joueurs autour d’un concept mêlant stratégie, collecte de ressources et affrontements mouvementés. Disponible depuis le 24 septembre 2026 sur Nintendo Switch et PC, le titre mise sur une formule accessible en apparence, mais qui demande rapidement de l’organisation et une bonne capacité d’adaptation.

L’objectif est simple : récupérer des matériaux, construire des défenses et protéger son camp contre des vagues d’ennemis. Pourtant, Hack ’n’ Stack ne se contente pas de reprendre les mécaniques habituelles du Tower Defense. Ici, tout repose sur les déplacements, la manipulation des objets et la capacité à réagir lorsque la situation échappe à tout contrôle. Une approche qui peut donner naissance à des moments amusants, notamment à plusieurs, mais qui révèle également certaines limites lorsque la maniabilité et l’équilibrage ne suivent pas.

Proposé à 10,99 €, le jeu possède suffisamment de personnalité pour éveiller la curiosité. Reste à savoir si ses bonnes idées lui permettent de dépasser les imperfections qui accompagnent son aventure sur la console de Nintendo.

Un Tower Defense qui mise sur l’action

Dans Hack ’n’ Stack, la défense de votre base commence par la collecte de ressources. Le bois et la pierre servent à construire des barricades et des tourelles, indispensables pour ralentir les ennemis et protéger les installations essentielles. Il faut donc constamment parcourir les niveaux, récupérer les matériaux nécessaires et revenir suffisamment vite pour préparer ses défenses avant que les adversaires ne deviennent trop menaçants.

Cette boucle de gameplay apporte une différence intéressante par rapport aux Tower Defense traditionnels. Plutôt que de se concentrer uniquement sur le placement des structures, le joueur doit participer activement à toutes les étapes de la préparation. La stratégie se construit en mouvement, avec des décisions à prendre rapidement et des priorités qui évoluent selon les menaces.

Le concept fonctionne sur le papier, car il oblige à trouver un équilibre entre la collecte, la construction et la défense. Une tourelle bien placée peut faciliter un affrontement, tandis qu’une barricade improvisée peut permettre de gagner quelques précieuses secondes. Chaque choix compte, surtout lorsque plusieurs points de la base nécessitent une intervention simultanée.

Cependant, cette approche demande une certaine maîtrise des commandes. La manipulation des objets peut manquer de précision, ce qui complique parfois la construction des défenses au moment où le temps presse. Une mécanique imaginée pour encourager la créativité peut alors devenir une source de frustration. Hack ’n’ Stack possède une bonne idée de départ, mais son exécution ne se montre pas toujours suffisamment fluide pour en exploiter toutes les possibilités.

Une coopération amusante, surtout à plusieurs

C’est en multijoueur que Hack ’n’ Stack possède le plus d’arguments. Jusqu’à quatre joueurs peuvent participer à l’aventure, en coopération locale ou en ligne. Cette possibilité permet de répartir les tâches et d’aborder les affrontements de manière plus organisée : pendant que certains récoltent les ressources, d’autres peuvent construire les défenses ou s’occuper des ennemis.

Cette complémentarité donne davantage de sens aux mécaniques. Une équipe qui communique efficacement peut anticiper les problèmes, gagner du temps et mieux protéger ses installations. À l’inverse, une mauvaise coordination risque rapidement de transformer la partie en exercice de gestion particulièrement mouvementé.

Mais Hack ’n’ Stack ne cherche pas uniquement à récompenser les équipes les mieux organisées. Son système physique autorise également des interactions absurdes, dans lesquelles les objets peuvent devenir des armes improvisées. Les ennemis étourdis et même les coéquipiers peuvent se retrouver impliqués dans des situations inattendues.

Cette dimension apporte un côté party game appréciable. Les erreurs, les mauvaises manipulations et les décisions prises dans l’urgence peuvent donner lieu à des séquences amusantes, particulièrement lorsque tout le monde cherche désespérément à sauver la base. Le jeu possède ainsi un véritable potentiel pour les soirées entre amis.

Néanmoins, le chaos ne fonctionne pas systématiquement. Lorsque les contrôles compliquent les actions ou que les constructions ne se comportent pas comme espéré, l'amusement peut rapidement laisser place à l'agacement. Hack ’n’ Stack se montre donc plus convaincant lorsqu’on accepte ses imperfections et que l’on privilégie le plaisir de jouer ensemble plutôt que la recherche d’une expérience parfaitement maîtrisée.

24 niveaux pour renouveler les défis

Pour accompagner sa formule, Hack ’n’ Stack propose 24 niveaux répartis dans quatre environnements : la forêt, le village, la côte et les montagnes. Cette diversité apporte un renouvellement visuel et permet de découvrir différents défis au fil de la progression.

Le jeu met également en scène cinq types d’ennemis : les adversaires classiques, les petits, les costauds, les explosifs et ceux protégés par une armure. Cette variété encourage à adapter ses défenses plutôt que de reproduire systématiquement la même stratégie.

Sur le papier, le contenu est donc suffisant pour donner aux joueurs plusieurs occasions de perfectionner leur organisation et de découvrir les possibilités du système de construction. Les différentes catégories d’ennemis obligent à rester attentif, tandis que la collecte de ressources impose de gérer son temps avec soin.

Toutefois, la boucle de gameplay reste assez répétitive. Récolter, construire et défendre constituent l’essentiel de l’expérience, et les variations proposées ne suffisent pas toujours à renouveler durablement les sensations. Lorsque les mécaniques montrent leurs limites, la progression perd une partie de son intérêt.

Le jeu conserve néanmoins une base de contenu cohérente avec son positionnement. Les amateurs de coopération pourront apprécier la possibilité de recommencer les niveaux en essayant d’améliorer leur organisation, même si les joueurs à la recherche d’une grande variété de situations risquent de ressentir une certaine lassitude.

Une maniabilité perfectible sur Nintendo Switch

La maniabilité représente l’une des principales faiblesses de Hack ’n’ Stack. La manipulation des blocs et la construction des structures occupent une place centrale dans le gameplay. Il est donc essentiel de pouvoir déplacer les objets rapidement et avec suffisamment de précision pour réagir aux attaques ennemies.

Malheureusement, les commandes ne facilitent pas toujours les choses. Les manipulations peuvent demander plusieurs tentatives, notamment lorsqu’il faut installer rapidement une barricade ou organiser ses défenses dans une situation tendue. Cette difficulté nuit directement au rythme des parties, car le joueur doit déjà gérer plusieurs tâches simultanément.

Le problème est d’autant plus visible que le jeu repose sur l’improvisation. La possibilité de construire librement devrait permettre de trouver des solutions originales aux différents obstacles. Mais lorsque les commandes ne répondent pas suffisamment bien aux intentions du joueur, cette liberté perd de son intérêt.

La prise en main demande donc un temps d’adaptation, sans que celui-ci garantisse une expérience toujours agréable. Dans un party game, où l’on attend généralement une prise en main rapide et des interactions immédiatement amusantes, ce manque de fluidité constitue un véritable handicap.

Un mode solo moins convaincant

Hack ’n’ Stack peut également se découvrir seul, mais cette configuration met davantage en évidence les limites de son système. Le joueur doit assurer toutes les tâches : récolter les matériaux, construire les défenses, surveiller les installations et repousser les ennemis.

Cette accumulation de responsabilités complique rapidement les affrontements. Pendant que vous partez chercher des ressources, votre base reste vulnérable. Lorsque vous revenez pour renforcer les défenses, une autre partie de l’installation peut déjà être menacée. Il faut constamment arbitrer entre plusieurs urgences, avec une marge de manœuvre parfois trop réduite.

La coopération permet justement de répartir ces tâches et de mieux gérer la pression. En solo, le jeu devient plus exigeant et peut donner l’impression de lutter autant contre ses propres contraintes que contre les ennemis.

Ce déséquilibre limite l’intérêt du titre pour les joueurs solitaires. Si l’objectif est de profiter pleinement de la formule, mieux vaut privilégier le multijoueur, qui correspond davantage à la manière dont les mécaniques semblent avoir été pensées.

Une direction artistique sympathique, mais une réalisation inégale

Visuellement, Hack ’n’ Stack adopte un style cartoon peint à la main, avec des personnages anthropomorphes et des environnements colorés. Cette identité correspond bien à l’ambiance légère recherchée par les développeurs et permet au jeu de conserver une certaine personnalité.

Quatre personnages sont jouables, avec plus de 750 combinaisons de chapeaux et d’armes pour personnaliser leur apparence. Sans transformer profondément l’expérience, ces options apportent une touche sympathique, particulièrement en multijoueur où chacun peut se distinguer.

Malgré cette direction artistique cohérente, la réalisation technique reste inégale. Les graphismes peuvent paraître datés et certains éléments manquent de finition. La bande-son, quant à elle, accompagne l’action sans réellement marquer les esprits.

Ces limites ne rendent pas le jeu désagréable à regarder, mais elles l’empêchent de profiter pleinement de son univers. Dans une expérience où l’écran peut déjà devenir chargé lorsque plusieurs joueurs construisent et affrontent des ennemis, la lisibilité et la qualité de la réalisation restent importantes.

Le résultat est donc contrasté : Hack ’n’ Stack possède une identité visuelle adaptée à son concept, mais aurait gagné à bénéficier d’un travail technique plus abouti.

Les plus : 

+ Un concept original mêlant Tower Defense et construction.

+ Un multijoueur propice aux situations amusantes.

+ 24 niveaux répartis dans quatre environnements.

+ Une personnalisation généreuse des personnages.

Les moins :

- Une maniabilité parfois imprécise.

- Un mode solo trop exigeant.

- Des mécaniques qui deviennent répétitives.

- Une réalisation technique perfectible.

Verdict : un party game sympathique, mais encore trop imparfait

Hack ’n’ Stack possède une idée intéressante et une identité qui lui permettent de sortir du lot parmi les jeux indépendants. Son mélange de collecte, de construction et de défense apporte une dimension active au Tower Defense, tandis que son système physique favorise les situations imprévisibles. En multijoueur, cette formule peut donner lieu à de bons moments, notamment lorsque les joueurs parviennent à s’organiser malgré le chaos ambiant.

Malheureusement, plusieurs défauts empêchent le titre de transformer pleinement son potentiel en une expérience convaincante. La maniabilité manque de précision, le mode solo se révèle particulièrement exigeant et la répétition des mécaniques finit par limiter l’intérêt de la progression. La réalisation technique, elle aussi perfectible, ne permet pas de compenser ces faiblesses.

À 10,99 €, Hack ’n’ Stack peut séduire les joueurs qui recherchent un party game original à partager entre amis. Il faudra néanmoins accepter une expérience inégale, dont les bonnes idées sont parfois freinées par des problèmes de finition.

Note : 6/10

Hack ’n’ Stack est un jeu indépendant qui mérite d’être découvert pour son concept et son potentiel multijoueur, mais qui manque encore de précision et de finition pour s’imposer durablement. Une proposition sympathique, sans être incontournable.

Informations sur le jeu

  • Titre : Hack ’n’ Stack
  • Développeur : Triple Boris, via sa division créative Dodo Tako
  • Plateformes : Nintendo Switch et PC
  • Date de sortie : 24 septembre 2026
  • Prix : 10,99 €
  • Genre : Party game, action, stratégie et Tower Defense
  • Joueurs : jusqu’à quatre en coopération locale ou en ligne
  • Langues : français et anglais

Conditions du test

Ce test de Hack ’n’ Stack a été réalisé sur Nintendo Switch à partir d’un code de téléchargement transmis par le studio Triple Boris.

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