Entre braquage spectaculaire, secrets de famille et humour décalé, Masterplan propose un divertissement qui mise autant sur son casse au Louvre que sur les relations explosives de son trio principal.
Porté par Stanley Tucci, Victor Belmondo et Simona Tabasco, le film de Thomas Vincent parvient-il à transformer son idée originale en une véritable réussite ? Notre avis.
Un casse au Louvre qui prend des allures de réunion de famille
Dans Masterplan, Roger, un voleur de légende incarné par Stanley Tucci, nourrit une ambition particulièrement audacieuse : dérober la Joconde, l'un des tableaux les plus célèbres au monde, conservé au musée du Louvre. Pour mener à bien cette opération hors norme, il recrute deux jeunes talents aux compétences bien différentes. D'un côté, Chiara, une brillante experte italienne en cybercriminalité, capable de s'attaquer aux systèmes informatiques les plus complexes. De l'autre, Jay, un spécialiste français des explosifs aussi doué que sûr de lui, dont l'ego risque parfois de compliquer les opérations.
Mais alors que le casse se prépare, Roger leur révèle une vérité qui bouleverse complètement la situation : il est leur père. Chiara et Jay découvrent ainsi qu'ils sont frère et sœur, sans avoir jamais connu ce lien familial. Ce qui devait être une collaboration criminelle soigneusement orchestrée se transforme alors en une réunion de famille particulièrement chaotique, où la méfiance, les tensions et les désaccords menacent de faire dérailler le plan.
C'est précisément dans ce mélange des genres que Masterplan trouve son principal intérêt. Le film ne se contente pas de raconter un braquage : il cherche également à exploiter les dynamiques d'une famille qui doit apprendre à se supporter au moment même où elle est censée accomplir l'un des vols les plus audacieux imaginables.
Un trio d'acteurs qui fait la différence
La grande force de Masterplan réside dans sa distribution principale. Stanley Tucci apporte à Roger une présence immédiatement reconnaissable, entre assurance, intelligence et mystère. Son personnage possède cette capacité à garder plusieurs longueurs d'avance sur les autres, tout en laissant planer le doute sur ses véritables intentions. Derrière le cerveau du casse se cache un père dont les méthodes sont loin d'être conventionnelles, ce qui nourrit une bonne partie des tensions du récit.
Face à lui, Victor Belmondo se montre convaincant dans le rôle de Jay. Son personnage, spécialiste des explosifs au tempérament affirmé, apporte une énergie bienvenue à l'ensemble. L'acteur parvient à donner du relief à ce jeune homme sûr de ses compétences, mais beaucoup moins à l'aise lorsqu'il s'agit de gérer les complications familiales. Sa prestation confirme sa capacité à évoluer dans des registres variés et à apporter une véritable personnalité à ses personnages.
Simona Tabasco complète efficacement le trio dans le rôle de Chiara. Plus cérébrale et méthodique, son personnage constitue un contrepoids intéressant à l'impulsivité de Jay. L'actrice apporte du caractère à cette experte en cybercriminalité, dont les compétences sont essentielles à la réussite de l'opération.
Ensemble, les trois comédiens affichent une alchimie convaincante. Leurs différences de tempérament alimentent les échanges, les confrontations et les situations comiques. Cette dynamique donne au film une véritable identité et permet de maintenir l'intérêt même lorsque l'intrigue s'éloigne momentanément des préparatifs du braquage. On se surprend d'ailleurs à imaginer ce que ce trio pourrait donner dans une éventuelle suite ou dans une série dérivée.
Un rythme soutenu et un casse efficace
Derrière la caméra, Thomas Vincent, réalisateur notamment connu pour son travail sur des productions internationales comme Reacher et Bodyguard, privilégie une approche dynamique. Le film avance à un rythme soutenu, en alternant les préparatifs du vol, les interactions entre les personnages et les complications qui viennent perturber leur organisation.
La mise en scène du casse au Louvre constitue naturellement l'un des principaux attraits du long-métrage. L'idée de s'attaquer à la Joconde offre un objectif immédiatement identifiable et suffisamment ambitieux pour donner au récit une dimension spectaculaire. Les enjeux sont clairs, les personnages ont chacun leur rôle à jouer et l'action permet de mettre en valeur leurs compétences respectives.
Le résultat remplit efficacement sa mission de divertissement. Le film évite de s'enliser dans de longues explications et conserve une progression suffisamment régulière pour maintenir l'attention. Les amateurs de films de braquage retrouveront les ingrédients familiers du genre : une opération minutieusement préparée, des imprévus, des secrets et des retournements de situation.
Pour autant, Masterplan ne cherche pas nécessairement à révolutionner le film de casse. Il préfère s'appuyer sur des mécanismes connus, qu'il associe à une dimension familiale plus légère. Une formule accessible, qui permet de profiter du spectacle sans avoir besoin de suivre une intrigue excessivement complexe.
Une comédie familiale qui apporte de la fraîcheur
L'originalité de Masterplan tient surtout à son idée de départ : réunir trois criminels aux compétences complémentaires, puis révéler que leur relation dépasse largement le cadre professionnel. Le lien de parenté entre Roger, Chiara et Jay transforme chaque décision en source potentielle de conflit.
Le père doit composer avec deux enfants adultes qu'il connaît finalement assez mal, tandis que ces derniers doivent digérer une révélation inattendue tout en essayant de mener à bien leur mission. La confiance devient alors une question centrale. Roger dit-il toute la vérité ? Peut-on réellement travailler avec un père qui a choisi de dévoiler son identité dans de telles circonstances ? Et les deux jeunes recrues sont-elles prêtes à accepter cette nouvelle réalité ?
Ces interrogations donnent au scénario une dimension supplémentaire et permettent au film de varier les situations. Les tensions familiales alimentent la comédie, tandis que le casse maintient une pression narrative suffisante pour éviter que l'ensemble ne se transforme en simple succession de disputes.
Le scénario, coécrit par Thomas Vincent et David Wolstencroft, s'appuie ainsi sur un concept amusant et efficace. La formule fonctionne particulièrement bien lorsque l'humour découle des différences de caractère et des difficultés rencontrées par cette famille improvisée.
Il faut toutefois garder à l'esprit que cette association entre braquage et comédie familiale privilégie avant tout le divertissement. Les spectateurs qui recherchent un thriller criminel particulièrement sombre, réaliste ou sophistiqué risquent de rester sur leur faim. Masterplan assume davantage son côté ludique que sa volonté de repousser les limites du genre.
Des limites qui empêchent le film de passer à la vitesse supérieure
Malgré ses qualités, Masterplan n'échappe pas à certaines limites. Son intrigue repose sur un concept fort, mais les ressorts du film de braquage restent relativement familiers. Les amateurs du genre pourront parfois anticiper certaines situations, tandis que quelques rebondissements risquent de paraître plus fonctionnels que réellement surprenants.
La révélation familiale constitue un excellent point de départ, mais elle impose également au scénario de jongler entre les enjeux du casse et les relations entre les personnages. Cet équilibre fonctionne globalement, même si l'on aurait pu souhaiter que certaines conséquences émotionnelles soient davantage développées. Une découverte aussi importante mérite parfois plus de temps pour véritablement s'installer.
De même, le film privilégie son rythme et son accessibilité plutôt qu'une exploration approfondie de ses personnages. Si le trio est convaincant, les relations familiales auraient parfois gagné à bénéficier de davantage de nuances. L'ensemble reste donc plus efficace comme divertissement que comme étude de personnages.
Enfin, malgré son cadre prestigieux et l'ambition de son braquage, Masterplan ne transforme pas systématiquement son idée en moments mémorables. Il possède suffisamment d'atouts pour maintenir l'intérêt, mais pas nécessairement la profondeur ou l'originalité qui permettraient de le hisser au rang des grands films de casse.
Un divertissement efficace porté par un trio attachant
Avec Masterplan, Thomas Vincent signe un film d'action et de comédie qui sait sur quoi miser : un casse ambitieux, une situation familiale improbable et trois acteurs qui fonctionnent particulièrement bien ensemble. Stanley Tucci apporte son expérience et son charisme, Victor Belmondo affiche une belle énergie, tandis que Simona Tabasco complète le duo avec une prestation convaincante.
Le rythme soutenu, la dynamique entre les personnages et le mélange des genres rendent l'expérience agréable. Le film ne manque pas d'idées et son concept de famille réunie autour d'un braquage impossible constitue une base suffisamment amusante pour tenir ses promesses de divertissement.
Néanmoins, son scénario reste parfois prévisible et ses personnages auraient mérité davantage de profondeur. Masterplann'est donc pas un incontournable du film de braquage, mais il n'a pas besoin de l'être pour remplir son objectif : proposer une soirée divertissante, rythmée et portée par une distribution solide.
Si vous appréciez les films de casse qui ne se prennent pas trop au sérieux, agrémentés d'humour et de conflits familiaux, le long-métrage mérite votre attention sur Prime Video. Et même si l'on aurait volontiers accepté de retrouver ce trio dans une aventure encore plus ambitieuse, le résultat reste suffisamment plaisant pour passer un bon moment.
Les plus :
+ Un trio d'acteurs convaincant, avec une belle alchimie entre Stanley Tucci, Victor Belmondo et Simona Tabasco.
+ Un concept original qui associe braquage spectaculaire et comédie familiale.
+ Un rythme soutenu qui limite les temps morts.
+ Un casse au Louvre qui donne une dimension ambitieuse au récit.
+ Des situations comiques nourries par les différences de caractère des protagonistes.
+ Un divertissement accessible, idéal pour une soirée cinéma.
Les moins :
- Une intrigue qui reprend plusieurs mécanismes classiques du film de braquage.
- Des rebondissements parfois prévisibles.
- Des relations familiales qui auraient mérité davantage de profondeur.
- Un scénario qui privilégie l'efficacité au détriment de certaines nuances.
- Un potentiel intéressant qui n'est pas toujours pleinement exploité.
Note : 7/10
Masterplan est un divertissement efficace qui repose avant tout sur son trio d'acteurs et sur une idée de départ amusante. Sans révolutionner le film de casse, il propose un mélange agréable d'action, d'humour et de tensions familiales. Une bonne option sur Prime Video pour passer une soirée sympathique, à condition de ne pas attendre un thriller particulièrement novateur.


