The Merlies sur Nintendo Switch : test complet, une aventure aussi douce qu’ingénieuse

29-09-2026 17:00 DL GAMING

Après avoir exploré de nombreux mondes post-apocalyptiques où la survie passe généralement par les armes, les combats ou la recherche permanente de ressources, The Merlies choisit une direction radicalement différente. Développé par le studio français Darjeeling, avec notamment ARTE France à la production, le jeu imagine une Terre où l’humanité a disparu et où la nature a progressivement repris ses droits. Au milieu de cet environnement devenu gigantesque à leur échelle, de petits oiseaux tentent simplement de retrouver leurs semblables et de reconstruire leur communauté.

Disponible sur Nintendo Switch à partir du 29 septembre 2026, The Merlies propose une aventure entièrement solo qui mélange exploration, plateformes, énigmes environnementales et construction. Le studio présente lui-même son concept comme un « Wholesomevania », une manière de reprendre certains principes du Metroidvania tout en supprimant les combats et la violence. 

Et c’est précisément cette approche qui permet au jeu de trouver sa propre identité. Ici, il ne s’agit pas de vaincre un ennemi ou de battre un boss, mais de comprendre son environnement, de réunir progressivement son escouade de Merlies et d'utiliser intelligemment leurs différentes capacités pour continuer son exploration.

Une aventure où l’exploration remplace le combat

L'histoire commence après une gigantesque tempête qui a dispersé les Merlies à travers le monde. Votre objectif est donc de retrouver ces petits oiseaux afin de reformer progressivement votre communauté. Cette idée extrêmement simple sert de point de départ à une aventure qui repose avant tout sur l'exploration.

Le monde de The Merlies est entièrement pensé en deux dimensions. À première vue, les environnements semblent particulièrement paisibles, mais leur taille change complètement la perception du joueur. Une branche, une pierre, un câble électrique ou encore un objet abandonné par les humains peuvent devenir un véritable obstacle pour ces créatures minuscules.

Le jeu ne cherche donc jamais à créer une tension artificielle avec des ennemis. Il n'y a aucun combatet aucune créature hostile à affronter. La difficulté vient exclusivement de l'environnement et de la manière dont il faut progresser à travers celui-ci. Chaque passage demande ainsi d'observer le décor et de comprendre comment les capacités de son groupe peuvent être utilisées. Nintendo confirme d'ailleurs cette absence de combat et cette volonté de faire des obstacles naturels le principal défi de l'aventure.

Cette décision peut sembler étonnante pour un jeu qui reprend certains codes du Metroidvania, mais elle fonctionne particulièrement bien avec l'identité de The Merlies. Le plaisir ne vient pas de la confrontation, mais de la découverte d'un nouveau passage ou de la possibilité d'atteindre une zone auparavant inaccessible.

L’union fait la force

La principale mécanique de The Merlies repose sur la constitution de son escouade. Au fil de l'aventure, le groupe s'agrandit et les nouvelles capacités permettent progressivement d'accéder à des endroits jusque-là impossibles à atteindre.

C'est là que le concept de « Wholesomevania » prend réellement son sens. Plutôt que de récupérer une arme ou une nouvelle compétence destinée à vaincre un adversaire, chaque progression modifie votre manière d'explorer le monde. Le joueur doit apprendre à exploiter les particularités des différents Merlies pour franchir les obstacles et poursuivre son chemin.

Cette approche donne également une importance particulière à la coopération entre les oiseaux. Le jeu transforme leur fragilité en véritable mécanique de gameplay : individuellement, les Merlies sont minuscules et vulnérables, mais leur capacité à fonctionner ensemble leur permet de surmonter des obstacles beaucoup plus imposants qu'eux.

Le résultat donne une aventure dans laquelle l'observation prend souvent le dessus sur la précipitation. Le monde est suffisamment grand pour donner cette sensation d'exploration permanente, tandis que les nouveaux Merlies et leurs capacités permettent de revenir vers certains endroits avec une nouvelle perspective.

Un Metroidvania sans ennemis

La comparaison avec le Metroidvania pourrait laisser penser que The Merlies reprend simplement une formule existante en supprimant les combats. En réalité, le jeu adapte surtout le principe de progression par capacités à son propre univers.

Les passages secrets et les zones inaccessibles constituent ainsi une partie importante de l'exploration. Plus votre groupe s'étoffe, plus les possibilités augmentent. Une zone observée quelques minutes auparavant peut soudainement devenir intéressante lorsque vous disposez des capacités nécessaires pour la traverser.

Cette construction apporte un sentiment de progression assez naturel. Le joueur ne cherche pas uniquement à avancer vers la prochaine étape de l'histoire : il apprend progressivement à mieux comprendre le monde qui l'entoure.

La contrepartie de cette approche est évidemment que les amateurs d'action pure ou de combats très présents risquent de rester sur leur faim. The Merlies assume complètement son choix. Il s'agit avant tout d'une aventure d'exploration et de réflexion, dans laquelle la progression repose davantage sur la curiosité que sur les réflexes.

Quand les déchets humains deviennent des trésors

L'un des aspects les plus intéressants de l'univers concerne la manière dont le jeu représente les vestiges de la civilisation humaine.

Pour les humains, ces objets ne sont plus que des déchets abandonnés. Pour les Merlies, ils représentent au contraire des ressources précieuses permettant de construire et d'améliorer leur communauté. Cette idée traverse toute la direction artistique et participe directement à l'identité Solarpunk du titre.

Une lampe, une ardoise, un bac ou différents objets laissés derrière l'humanité changent complètement d'échelle lorsque le monde est observé depuis le point de vue de petits oiseaux. Ce changement de perspective permet au jeu de transformer des éléments ordinaires en véritables décors d'aventure.

L'exploration sert donc également à récupérer des matériaux destinés à développer le village. Le joueur ne traverse pas simplement les différents environnements pour progresser : il ramène ce qu'il découvre afin d'aider sa communauté à évoluer.

Cette dimension apporte une certaine cohérence à l'ensemble. Le monde, l'exploration et la construction ne sont pas présentés comme trois mécaniques indépendantes, mais comme différentes facettes d'une même aventure.

Construire une nouvelle communauté

La reconstruction du village constitue l'autre grand pilier de The Merlies. Les ressources récupérées au cours de l'exploration permettent de créer et de personnaliser différents éléments de la communauté.

Cette construction reste cohérente avec le ton général du jeu. Là encore, il n'est jamais question de produire une immense cité ou de gérer une civilisation complexe. Le plaisir vient plutôt de cette idée de faire beaucoup avec très peu.

Les Merlies vivent dans un monde où les traces de l'humanité sont partout, mais ils ne cherchent pas à reproduire ce qui existait avant eux. Ils détournent les objets disponibles pour créer leur propre environnement et améliorer progressivement leurs conditions de vie.

Cette philosophie renforce le côté chaleureux de l'aventure. Le village devient progressivement le symbole de la reconstruction de la communauté, tandis que chaque nouvelle découverte donne une raison supplémentaire de poursuivre l'exploration.

Une direction artistique pleine de charme

Visuellement, The Merlies mise énormément sur son identité graphique. Le jeu propose un univers coloré et chaleureux, avec une direction artistique inspirée des livres illustrés et de l'animation. ARTE présente notamment le projet comme un monde aux couleurs champêtres, avec des dessins réalisés à la main.

Ce choix fonctionne particulièrement bien avec la taille des personnages. Les Merlies sont minuscules, tandis que les environnements semblent gigantesques. Cette différence d'échelle permet au moindre objet de devenir un élément important du décor.

L'ambiance contribue également à différencier le jeu des représentations habituelles de la fin du monde. Malgré la disparition de la civilisation humaine, The Merlies ne cherche jamais à installer une atmosphère désespérée. La nature reprend ses droits et la nouvelle génération qui occupe ce monde cherche simplement à construire quelque chose de nouveau.

Cette vision explique en grande partie pourquoi le terme Solarpunk correspond aussi bien au projet. Le jeu imagine un monde post-humain qui n'est pas défini par la peur ou la destruction, mais par la récupération, la solidarité et la reconstruction.

Une aventure volontairement apaisante

Le rythme de The Merlies constitue certainement l'une de ses caractéristiques les plus importantes. Le jeu ne cherche jamais à provoquer une montée permanente d'adrénaline. Il laisse au contraire au joueur le temps d'observer les environnements, de comprendre les possibilités offertes par son groupe et de chercher les chemins permettant de continuer.

Cette philosophie s'accompagne d'une durée annoncée d'environ 8 à 10 heures.

Cette durée apparaît cohérente avec le positionnement du jeu. The Merlies ne cherche pas à devenir une aventure interminable remplie de contenu artificiellement ajouté. Son ambition est plutôt de proposer une expérience compacte autour de l'exploration, de la progression de l'escouade et de la reconstruction de la communauté.

Le choix est appréciable, même s'il signifie que les joueurs recherchant plusieurs dizaines d'heures de contenu devront forcément en tenir compte avant de se lancer.

Une expérience parfaitement adaptée à la Nintendo Switch

Sur Nintendo Switch, The Merlies bénéficie naturellement du caractère nomade de la console. Le jeu est compatible avec les modes téléviseur, sur table et portable, ce qui permet de profiter de son aventure aussi bien installé devant son écran que dans une session plus courte en mode portable. Nintendo indique également une taille de téléchargement d'environ 2 Go.

Le positionnement du jeu se prête particulièrement bien à ce format. Son rythme posé et son absence de combats permettent de reprendre facilement son exploration sans avoir besoin de retrouver immédiatement une concentration maximale.

Une proposition qui assume sa différence

Ce qui rend The Merlies intéressant n'est finalement pas une mécanique spectaculaire prise individuellement, mais la cohérence de l'ensemble. Le jeu prend le contrepied de nombreuses aventures post-apocalyptiques en supprimant la violence et en faisant de la reconstruction son principal moteur.

L'exploration permet de retrouver de nouveaux Merlies. L'arrivée de nouveaux membres agrandit les possibilités du groupe. Les capacités permettent d'atteindre de nouveaux endroits. L'exploration permet de récupérer des ressources. Ces ressources servent à développer le village, qui devient progressivement le cœur de cette petite communauté.

Cette boucle de gameplay donne au titre une identité particulièrement claire.

Il faut néanmoins accepter le rythme proposé. The Merlies ne cherche jamais à devenir un jeu d'action et ne propose pas de système de combat pour varier les situations. Sa réussite repose donc entièrement sur la qualité de son exploration, de ses obstacles et de sa progression.

Pour les joueurs qui apprécient les aventures calmes, les univers originaux et les jeux qui proposent une autre manière de raconter une histoire post-apocalyptique, cette orientation possède de solides arguments.

Les plus : 

+ Une direction artistique adorable et particulièrement cohérente

+ Un univers post-apocalyptique original et lumineux

+ L'idée du « Wholesomevania » fonctionne très bien

+ Une exploration basée sur les capacités des différents Merlies

+ Aucun combat, pour une aventure entièrement tournée vers l'exploration

+ Une utilisation intelligente des déchets humains dans la construction du village

+ Une vraie cohérence entre exploration, communauté et reconstruction

+ Une expérience qui correspond particulièrement bien au format portable de la Nintendo Switch

Les moins : 

- L'absence totale de combat ne conviendra pas à tous les joueurs

- Une aventure annoncée autour de 8 à 10 heures

- Une expérience exclusivement solo

- Un rythme volontairement posé qui pourra sembler trop calme pour certains

- Une formule qui repose énormément sur l'exploration et la résolution des obstacles environnementaux

Avec The Merlies, Darjeeling et ARTE France proposent une aventure qui préfère la coopération à la confrontation, la reconstruction à la destruction et la curiosité à l'affrontement. Dans un paysage vidéoludique où le post-apocalyptique est souvent synonyme de violence et de survie, le jeu choisit une voie beaucoup plus lumineuse.

Son concept de **« Wholesomevania » fonctionne parce qu'il ne se contente pas de supprimer les combats : il repense la manière dont le joueur progresse dans un monde de type Metroidvania. Les capacités des Merlies, les obstacles environnementaux, l'exploration et la récupération des déchets participent tous à une même philosophie.

La direction artistique renforce cette impression avec un univers coloré et chaleureux qui transforme les vestiges de la civilisation humaine en terrain d'aventure. La petite taille des oiseaux donne également une véritable personnalité aux environnements, puisque les objets les plus banals deviennent soudainement gigantesques.

Tout n'est évidemment pas destiné à tout le monde. L'expérience est exclusivement solo, relativement courte et assume un rythme très éloigné des productions plus nerveuses. Mais c'est justement cette maîtrise de son identité qui permet à The Merlies de se distinguer.

À 19,99 €, The Merlies propose finalement une aventure compacte, originale et particulièrement chaleureuse, qui sait exactement ce qu'elle veut être : un Metroidvania sans violence dans lequel la solidarité, l'exploration et la reconstruction remplacent les armes et les combats.

Note : 8/10

The Merlies est une jolie surprise qui transforme intelligemment les codes du Metroidvania pour créer une aventure douce, accessible et pleine de personnalité. Une proposition originale qui mérite l'attention des amateurs d'expériences contemplatives et d'exploration.

Conditions du Test : J’ai joué à The Merlies sur Nintendo Switch via un code transmis par ARTE France 

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