Test CONTROL Resonant sur PS5 : avis sur la suite qui réinvente la formule de Remedy

16-09-2026 11:30 DL GAMING

Après avoir imposé son univers paranormal avec Control, Remedy Entertainment revient avec une suite qui ne cherche pas à reproduire mécaniquement la formule de son prédécesseur. Control Resonant prend au contraire le risque de bouleverser une grande partie de ses fondations pour proposer une aventure davantage tournée vers l'action, le corps à corps et les mécaniques de l'Action-RPG. 

Avec Dylan Faden comme nouveau protagoniste, Manhattan comme immense terrain d'exploration et l'Aberrant comme nouvelle arme principale, cette suite avait toutes les cartes en main pour surprendre. Après avoir découvert cette nouvelle aventure, voici notre avis sur Control Resonant sur PlayStation 5.

Une suite qui ose changer les règles

Il y avait probablement une manière beaucoup plus simple de concevoir la suite de Control. Remedy Entertainment aurait pu reprendre Jesse Faden, l'installer une nouvelle fois dans l'Ancienne Maison et se contenter d'améliorer les pouvoirs, les armes et les environnements du premier épisode. Le studio finlandais a finalement choisi une direction beaucoup plus risquée. Control Resonant ne veut pas être une simple continuation de Control : il souhaite faire évoluer en profondeur l'expérience tout en conservant l'identité qui a permis au premier épisode de devenir une référence du jeu d'action paranormal.

Cette volonté se ressent immédiatement avec le changement de protagoniste. Jesse laisse cette fois sa place à son frère Dylan Faden, dont le parcours avait déjà été au centre de nombreux événements du premier épisode. Désormais jouable, Dylan cherche à sauver sa sœur tout en essayant de comprendre ce qu'il est devenu après les expériences qui ont profondément marqué son existence. Ce changement permet à Remedy de raconter une nouvelle histoire sans couper le lien avec le premier jeu, mais également d'explorer une personnalité très différente de celle de Jesse. Le choix est intéressant, car il offre au studio une nouvelle manière de présenter son univers sans repartir complètement de zéro.

Le décor connaît lui aussi une transformation majeure. L'Ancienne Maison reste évidemment importante dans l'univers de Control, mais l'aventure s'ouvre désormais sur un Manhattan dévasté et profondément altéré par les phénomènes paranormaux. Les joueurs peuvent parcourir différentes zones semi-ouvertes, pénétrer dans des bâtiments transformés par les événements surnaturels et découvrir des espaces qui fonctionnent presque comme de véritables donjons. Cette nouvelle structure apporte davantage de liberté à l'exploration et permet surtout à Remedy de construire un monde qui semble beaucoup plus vivant que celui du premier épisode.

L'Aberrant change complètement le visage des combats

Le changement le plus spectaculaire reste toutefois celui du système de combat. Dans Control, Jesse pouvait compter sur l'Arme de Service, dont les différentes formes permettaient de varier les affrontements tout en conservant une approche essentiellement basée sur le tir. Control Resonant abandonne cette philosophie pour placer l'Aberrant au centre de l'expérience. Cette arme de mêlée polymorphe peut changer de forme en plein combat et proposer plusieurs styles d'attaque, allant des armes lourdes aux lames rapides en passant par des formes davantage adaptées au contrôle des ennemis.

Cette décision modifie profondément le rythme du jeu. Là où le premier Control permettait régulièrement de prendre ses distances et de bombarder les adversaires avec l'Arme de Service et la télékinésie, Dylan doit désormais accepter le contact. Il faut entrer dans la mêlée, observer les attaques adverses, esquiver au bon moment et profiter des ouvertures pour enchaîner les coups. Le système ne repose d'ailleurs pas sur une mécanique de parade classique. Remedy préfère miser sur les esquives, les déplacements rapides et les mouvements aériens, ce qui donne aux affrontements une nervosité nouvelle.

Cette approche fonctionne d'autant mieux que Dylan possède une mobilité nettement supérieure à celle de Jesse. Le double saut, le vol plané et les esquives aériennes permettent de passer rapidement d'une position à une autre et donnent aux combats une dimension beaucoup plus verticale. Il devient possible de prendre de la hauteur, d'éviter une attaque dans les airs avant de revenir immédiatement au contact ou encore de traverser rapidement une arène pour atteindre une cible prioritaire. Les pouvoirs psychiques viennent compléter cette mobilité et permettent de mélanger attaques physiques, télékinésie, protection et capacités élémentaires.

Le résultat donne aux affrontements une vraie sensation de puissance. Mais surtout, Control Resonant ne se contente pas d'accélérer les combats : il demande au joueur de réellement maîtriser ses déplacements. Rester immobile représente souvent la pire décision possible, notamment lorsque plusieurs ennemis attaquent simultanément. Il faut constamment observer l'espace autour de soi, anticiper les attaques et trouver le meilleur moment pour passer à l'offensive.

Des ennemis qui encouragent la créativité

Cette philosophie fonctionne particulièrement bien avec les différentes catégories d'ennemis rencontrées dans l'aventure. Les Mold, déjà connus des amateurs du premier épisode, constituent par exemple une menace différente des Hiss. Leur protection rend les dégâts directs beaucoup moins efficaces et oblige à réfléchir à la manière de faire tomber leur armure avant de pouvoir réellement les atteindre.

C'est dans ce genre de situation que l'Aberrant révèle tout son potentiel. Il est possible d'utiliser une forme lourde pour briser la protection d'un adversaire avant de passer à une arme plus rapide afin de profiter de sa faiblesse. Les capacités de Dylan permettent également de contourner certaines résistances et d'adapter son approche en fonction de la situation. Le jeu ne donne donc pas systématiquement une solution unique au joueur, ce qui évite de transformer les combats en simples exercices où il suffirait de répéter la même attaque.

Le système d'étourdissement renforce encore cette idée. Les ennemis disposent d'une jauge qu'il faut progressivement remplir afin de créer une ouverture. Une fois celle-ci obtenue, Dylan peut déclencher une attaque particulièrement puissante. La mécanique de Bloodlust encourage quant à elle une approche agressive en permettant de récupérer de la santé grâce aux dégâts infligés. Tout est donc pensé pour empêcher le joueur de rester en retrait pendant de longues périodes.

Cette philosophie se retrouve également dans les affrontements contre les boss. Les arènes sont souvent conçues comme de véritables espaces de survie dans lesquels rester en mouvement devient indispensable. Certains adversaires peuvent transformer une grande partie du sol en zone dangereuse, obligeant Dylan à utiliser ses esquives, son déplacement aérien et ses pouvoirs défensifs pour rester en vie. L'objectif n'est pas simplement d'épuiser une énorme barre de santé : il faut comprendre le comportement de l'ennemi, identifier ses ouvertures et surtout savoir quand attaquer sans devenir trop gourmand.

Un Manhattan qui récompense réellement l'exploration

L'ouverture du monde constitue une autre évolution majeure de Control Resonant. Manhattan n'est pas simplement un décor plus vaste permettant de relier deux missions. La ville sert véritablement de terrain de jeu, avec des bâtiments à explorer, des ressources à récupérer, des puzzles à résoudre et de nombreuses histoires secondaires à découvrir. Cette structure permet à Remedy de créer une progression beaucoup plus organique, dans laquelle le joueur peut régulièrement s'éloigner de l'objectif principal pour partir à la recherche d'un secret.

Cette exploration est particulièrement agréable parce qu'elle ne repose pas uniquement sur les combats. Plusieurs énigmes demandent par exemple de transporter de l'énergie entre différents générateurs, parfois en traversant rapidement plusieurs plateformes ou bâtiments. Les capacités de déplacement de Dylan prennent alors une nouvelle dimension, puisqu'elles servent autant à survivre pendant les affrontements qu'à progresser dans l'environnement.

La gravité occupe également une place importante dans certaines zones. Remedy joue avec les perspectives et transforme parfois complètement l'architecture des lieux. Les bâtiments peuvent devenir de véritables puzzles tridimensionnels dans lesquels les repères habituels disparaissent. Ces séquences offrent quelques-uns des passages les plus spectaculaires de l'aventure, mais elles rappellent surtout ce qui faisait le charme de Control : cette capacité à prendre un environnement parfaitement normal et à le transformer en quelque chose de totalement incompréhensible.

Remedy n'a pas oublié ce qui faisait le charme de Control

C'est finalement dans ces moments d'exploration que l'on comprend que Remedy n'a pas abandonné l'identité de sa licence au profit de l'action. Les objets altérés sont toujours présents et continuent de produire ces situations étranges qui font partie de l'ADN de Control. Une simple caméra Polaroid peut ainsi devenir le point de départ d'une série d'événements inattendus, donnant naissance à une quête secondaire qui semble pouvoir accompagner Dylan pendant une bonne partie de son voyage.

Ces petites histoires sont essentielles, car elles permettent au jeu de respirer. Après un combat intense, le joueur peut tomber sur un objet paranormal, consulter un document du FBC ou découvrir une nouvelle pièce du puzzle narratif. Remedy utilise une nouvelle fois son environnement pour raconter son histoire plutôt que de tout expliquer à travers de longues séquences cinématiques. Les bureaux du FBC, les documents classifiés et les traces laissées par les événements paranormaux permettent progressivement de comprendre ce qui est arrivé à Manhattan.

Le studio conserve également son humour noir, parfois particulièrement décalé, qui vient casser l'atmosphère oppressante de certaines zones. C'est une caractéristique importante de l'univers Control, car sans elle, le jeu pourrait facilement devenir trop sombre. Remedy sait au contraire créer un équilibre entre horreur, science-fiction, absurdité et situations presque comiques.

Une vraie dimension RPG qui enrichit l'expérience

Control Resonant va également beaucoup plus loin que son prédécesseur dans la personnalisation du personnage. The Gap sert de point central pour gérer la progression de Dylan et permet de développer différentes compétences tout en travaillant sur les différentes formes de l'Aberrant. Le joueur peut ainsi construire progressivement un style de combat qui correspond à ses préférences plutôt que de simplement suivre une progression imposée.

Cette composante RPG est particulièrement intéressante parce qu'elle ne semble jamais chercher à prendre le dessus sur le reste de l'expérience. Les arbres de compétences, les ressources et la fabrication d'artefacts apportent davantage de profondeur sans transformer le jeu en gestion permanente de statistiques. L'idée reste avant tout de renforcer le gameplay et d'offrir davantage de possibilités au joueur.

Cette liberté devient particulièrement intéressante lorsque l'on commence à combiner les différentes capacités de Dylan. Une configuration peut privilégier les attaques rapprochées et les dégâts directs, tandis qu'une autre pourra davantage miser sur les pouvoirs psychiques ou les capacités défensives. Le jeu encourage donc l'expérimentation sans imposer une seule manière de progresser.

Des boss qui semblent enfin trouver le bon équilibre

Les affrontements contre les boss constituent probablement l'un des meilleurs exemples de cette nouvelle philosophie. Là où certains jeux d'action ont tendance à prolonger artificiellement leurs combats avec des barres de vie interminables, Control Resonant semble privilégier des affrontements plus courts mais beaucoup plus intenses.

Le combat contre la créature volcanique rencontrée dans les profondeurs d'une usine illustre parfaitement cette approche. Le boss impose un rythme extrêmement soutenu, avec une partie de l'arène régulièrement recouverte de lave. Le joueur doit constamment se déplacer, trouver les bons angles d'attaque et éviter de rester trop longtemps au contact.

La récupération de santé intervient également à des moments précis du combat, ce qui évite d'avoir recours à une multitude de petits ennemis destinés uniquement à servir de réserve de soins. Cette décision paraît particulièrement pertinente : elle permet de conserver la tension du duel tout en récompensant le joueur qui parvient à faire suffisamment baisser la barre de vie du boss.

Ce sont des détails de conception comme celui-ci qui montrent que Remedy semble avoir beaucoup réfléchi au rythme de son nouveau système de combat.

Une direction artistique qui reste fidèle à l'ADN de Remedy

Sur PlayStation 5, Control Resonant profite évidemment d'une direction artistique ambitieuse. Mais sa réussite ne repose pas uniquement sur la qualité technique. Ce qui impressionne surtout, c'est la manière dont Remedy utilise les environnements pour créer une sensation permanente d'incertitude.

Manhattan peut sembler relativement normal pendant quelques instants avant de basculer dans une situation complètement paranormale. Les changements de gravité, les phénomènes surnaturels et les affrontements contre des créatures gigantesques permettent régulièrement au jeu de proposer des scènes particulièrement spectaculaires.

Le studio conserve surtout cette esthétique très particulière qui mélange architecture réaliste, brutalité industrielle et éléments complètement impossibles. C'est cette combinaison qui permet à Control Resonant de rester identifiable dès les premières secondes.

Une suite qui prend un véritable risque

Après plusieurs heures passées à découvrir cette nouvelle formule, une conclusion s'impose : Remedy Entertainment ne cherche absolument pas à faire de Control Resonant un simple Control 2 plus grand.

Le studio prend le risque de modifier son système de combat, de changer de protagoniste et d'élargir considérablement son terrain de jeu. Sur le papier, ces changements pouvaient facilement faire perdre au jeu ce qui faisait la force du premier épisode. Dans les faits, ils semblent au contraire parfaitement cohérents avec l'évolution souhaitée par Remedy.

Le passage au corps à corps donne davantage d'importance à la mobilité de Dylan. Manhattan permet de développer l'exploration et les activités secondaires. The Gap apporte une véritable dimension RPG et les différents objets altérés permettent de conserver cette étrangeté qui caractérise l'univers.

Le plus important reste toutefois que Control Resonant n'oublie jamais qu'il est avant tout un jeu Control. Derrière les combats spectaculaires et les nouvelles mécaniques se trouvent toujours les mêmes mystères, le même humour noir et cette obsession pour les phénomènes paranormaux qui ont permis au premier épisode de se démarquer.

Verdict sur Control Resonant

Control Resonant est une suite ambitieuse qui fait le choix courageux de transformer profondément la formule de son prédécesseur plutôt que de simplement la reproduire. Le passage au corps à corps est probablement le pari le plus risqué de Remedy, mais c'est aussi celui qui donne au jeu sa nouvelle personnalité. L'Aberrant, les esquives, les déplacements aériens et les pouvoirs de Dylan forment un système de combat nerveux qui demande une véritable implication du joueur.

L'exploration de Manhattan constitue également une excellente évolution. La ville offre suffisamment de secrets, de puzzles et d'histoires secondaires pour donner envie de s'éloigner régulièrement de la quête principale. Et surtout, Remedy conserve cette capacité à raconter des choses étranges à travers ses environnements, ses objets altérés et les documents disséminés dans le monde.

Tout n'est cependant pas destiné à séduire immédiatement les joueurs du premier Control. Ceux qui avaient particulièrement apprécié son approche basée sur le tir devront accepter une transformation radicale, tandis que la richesse des systèmes RPG peut demander un temps d'adaptation. Le nouveau rythme des combats demande également davantage de maîtrise et de mobilité.

Mais c'est précisément parce que Remedy accepte de prendre ces risques que Control Resonant semble réussir là où une suite plus conservatrice aurait probablement échoué. Le studio ne cherche pas à refaire Control, il cherche à faire évoluer son univers et son gameplay. Et à l'issue de cette découverte, le pari paraît particulièrement convaincant.

Les plus :

+ Un système de combat nerveux, technique et spectaculaire

+ L'Aberrant apporte une vraie diversité aux affrontements

+ Une mobilité qui transforme complètement le gameplay

+ Des pouvoirs psychiques parfaitement intégrés au corps à corps

+ Des boss qui privilégient l'intensité plutôt que la longueur

+ Un Manhattan riche en secrets et en activités secondaires

+ Des énigmes qui permettent de varier intelligemment le rythme

+ Une vraie profondeur RPG avec The Gap

+ Une ambiance paranormale toujours aussi réussie

+ Le lore et l'humour noir de Control sont préservés

+ Une direction artistique immédiatement reconnaissable

Les moins : 

- Un changement de formule qui pourra dérouter les fans du premier Control

- Le passage du tir au corps à corps ne convaincra probablement pas tout le monde

- La richesse des systèmes de progression demande un temps d'adaptation

- Les combats exigent davantage de maîtrise et de mobilité

Note : 9/10

Control Resonant réussit le pari difficile de réinventer Control sans le dénaturer. Remedy Entertainment propose une aventure plus nerveuse, plus verticale et davantage tournée vers l'Action-RPG, tout en conservant l'univers paranormal, l'humour noir et le goût du mystère qui ont fait la réputation de la licence. Une évolution ambitieuse, risquée et surtout particulièrement prometteuse.

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